lundi 14 février 2011

Rien à déclarer

Rien à déclarer



NOTE : 1/5

Sortie : 2 Février 2011 – (pré-sortie : 26 Janvier 2011)
Genre : Comédie
De : Dany Boon
Durée : 1h 48 min 
 
Acteurs principaux : 
 
Benoït Poelvoorde : Ruben Vandevoorde 
Dany Boon : Mathias Ducatel 
Julie Bernard : Louise Vandevoorde 
Karin Viard : Irène Janus 
François Damiens : Jacques Janus 
Bouli Lanners : Bruno Vanuxem
Eric Godon : Le Chef Willems
Chritel Pedrinelli : Olivia Vandevoorde 
Jean-Paul Dermont : Le Père Vandevoorde 
Joachim Ledeganck : Leopold Vandevoorde
Le Prêtre de Chimay : Olivier Gourmet



Synopsis 
 
   1er janvier 1993 : passage à l’Europe. Deux douaniers, l’un belge, l’autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste frontière situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique. 



En 2 mots...

    C'est une comédie décevante que nous propose Dany Boon où l'humour s'il n'est pas lourd, frôle le cliché voir, le ridicule. 
 
    Bien que le thème abordé : le racisme, soit traité de manière intelligente, la pauvreté du scénario se fait ressentir, sans parler des quelques fautes de montages et autres erreurs de raccords.

     Le duo Dany Boon/Benoît Poelvoorde, seul point fort du film, est attachant et l'ensemble des acteurs donnent tout ce qu'ils peuvent pour nous séduire et nous embarquer dans leurs aventures. Mais le spectateur aura bien du mal à porter intérêt à cette histoire pourtant originale mais très mal exploitée. 
 
   « Rien à déclarer »... un titre à l'image du film.



Pour aller plus loin...

    Rien à déclarer est le troisième long-métrage de Dany Boon, après Bienvenue chez les Ch'tis en 2008 et La Maison du bonheur en 2006. 
 
    Une nouvelle fois il tient le double statut : acteur / réalisateur, mais celui-ci avoue préférer être derrière la caméra afin de voir son scénario prendre vie. N'oublions pas que Dany Boon est dans premier temps un One man show auteur de plusieurs de ses textes. Un travail pourtant bien différent de la rédaction d'un scénario puisque ce dernier ne peut être adapté au fil du temps à la manière d'un humoriste sur scène. 
 
Ceci expliquant peut-être la pauvreté et parfois le ridicule des répliques de Rien à déclarer. 
 
    Dany Boon explique s'être inspiré de son passé pour écrire l'histoire. 
 
Sa mère française et son père kabyle furent victimes de « ce racisme » (toujours présent) puisqu'une fois enceinte la jeune femme fut rejetée par sa famille. De plus, le réalisateur dans sa jeunesse, a souvent franchi la frontière franco-belge où il fut souvent contrôlé. Il se souvient alors de la disparition de cette douane... .

L'idée de mélanger ces deux thèmes lui vient alors à l'esprit en toute logique.

    Il est judicieux de sa part de s'appuyer sur la nationalité française et belge - dites « cousines »- pour dénoncer le racisme. Il est alors beaucoup moins gênant de s'envoyer des répliques qui auraient pu choquer si elles avaient été associées à des « arabes », « juifs » ou tout simplement « français ».

Le thème du racisme est de ce fait exploré en profondeur sans langue de bois. Efficace !

    Dany Boon à préparé son tournage en parcourant des archives et en rencontrant des douaniers qui ont vécu cette ouverture des frontières européennes en 1993. En écrivant son scénario, il a immédiatement pensé à Benoît Poelvoorde pour le rôle de Ruben... .

    Benoît Poelvoorde travaille pour la première fois avec Dany Boon. Il avoue avoir trouvé le scénario très drôle voir même plus que le résultat final que donne le film. 
 
L'acteur a pris beaucoup de plaisirs à travailler avec le réalisateur découvrant alors qu'ils partageaient de nombreux points communs : leurs mères furent commerçantes, leurs pères routiers. Ils ont tous deux fait l'école Saint-Luc , seule la ville diffère. Et les deux acteurs partagent les mêmes goûts musicaux. L'alchimie à l'écran est évidente, le duo sauve le film du naufrage... .

Pour l'anecdote, depuis six ans Benoît Poelvoorde refuse d'assister à la diffusion de l'un de ses films ne supportant pas de se voir à l'écran. Et pourtant, pour Rien à déclarer, il a accepté d'assister à la projection (Pré-sortie le 26 Janvier 2011 en Belgique et dans le Nord de la France - hommage du réalisateur à sa nationalité et celle de Benoît Poelvoorde - Le 2 Février dans le reste de la France).

    Si les deux hommes ne se connaissaient pas avant Rien à déclarer, en revanche le film marque la huitième collaboration de Benoît Poelvoord avec Bouli Lanners qui joue alors le collègue douanier de Ruben, Bruno. Ce dernier été pressenti pour interpréter le rôle Jacques Janus finalement confié à François Damiens qui lui même fut pensé pour le rôle de Bruno... le douanier.

Pour l'anecdote, Bouli Lanners est fils de douanier et a fourni les costumes d'époque.

    Autres retrouvailles, Dany Boon et Laurent Gamelon qui jouèrent ensemble dans La Maison du bonheur (Dany Boon – 2006). Mais aussi Karin Viard rencontrée sur le tournage de Le code a changé ( Danièle Thompson – 2009).

    Premier rôle au cinéma pour Julie Bernard, qui tient interprète la soeur de Ruben, Louise amoureuse d'un français (Dany Boon). Une première prestation convaincante et réussie. L'actrice eut le challenge de passer par un large panel d'émotions. 
 
    Si le scénario a du mal à convaincre le spectateur, en revanche la qualité et l'attention prêtées aux décors sont à noter. Il est signé Alain Vessier et la photographie Pierre Aïm. Tous deux avaient déjà travaillé pour Dany Boon sur Bienvenue chez les Ch'tis. 
 
Ainsi les costumes, les voitures, les téléphones, les premiers ordinateurs avec imprimante et téléphones sans fil.... la liste et longue, nous procurent du bonheur alors partagé à la mélancolie du passé. 
 
La 4L modifiée en « bolide » restera dans les mémoires, une idée originale dont le tournage des scènes de courses poursuites fut à lui seul un vrai challenge.

De plus il est facile de se repérer entre la France et la Belgique puisque le chef décorateur a voulu donner au français, notamment la douane un côté fonctionnaire et aux belges un côté plus rustique et campagnard.

    Rien à déclarer fut très attendu par le public et la critique, c'est sous pression que Dany Boon a réalisé son nouveau long-métrage mêlant humour et tendresse tout en dénonçant le racisme de manière pacifique. 
 
   Un scénario peut être un peu trop précipité qui manque de profondeur et souvent de justesse. Le ridicule n'est jamais loin et empêche le spectateur d'être transporté dans l'histoire... malgré les efforts de l'ensemble du casting. 
 
    Le film se termine, le public sort de la salle et malheureusement il a lui aussi... Rien à déclarer....



xXx 

mercredi 9 février 2011

Black Swan

 Black Swan
(Oscar de la Meilleure actrice : Natalie Portman - 2011)
 
ATTENTION : certaines scènes et propos peuvent choquer


NOTE : 5/5

Sortie : 9 Février 2011
Genre : Thriller
De : Darren Aronofsky
Durée : 1h43 min 
 
Acteurs principaux :

Natalie Portman : Nina
Vincent Cassel : Thomas Leroy
Mila Kunis : Lilly
Winona Ryder : Beth MacIntyre
Sebastian Stan : Andrew
Janet Montgomery : Madeline
Barbara Hershey : Erica
Toby Hemingway : Tom
Ksenia Solo : Veronica
Kristina Anapau : Galina


Natalie Portman
Vincent Cassel
 Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production)



Synopsis

    Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily. 



Natalie Portman
Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production)

Vincent Cassel
Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production)


 
En 2 mots...

   Tension psychologique, ambiance oppressante teintée de sensualité et d'érotisme où le corps et le miroir son au cœur d'une double rivalité : deux danseuses veulent le rôle du Cygne du célèbre ballet. Le stress de cette compétition mène alors à la rivalité physique et mental. 
 
   Les acteurs brillent , nous transportent et nous bouleversent. 
 
Sublime Natalie Portman (Récompensé d'un Golden Globe 2011 – Meilleure actrice féminine) qui nous propose avec talent un large panel d'émotions. Á la fois fragile, émouvante, sincère (With Swan) mais aussi sensuelle, effrayante et... terrifiante (Black Swan). Son interprétation est magistrale ! 
 
Le second rôle tenu par Mila Kunis à toute son importance puisque la danseuse rivale est l'élément déclencheur de cette métamorphose qui précisons le, n'est pas à confondre avec la schizophrénie ! 
 
    Passer du blanc au noir... pour en revenir au blanc : Un esprit fragile doit affronter le dépassement de soi que nécessite la danse classique, milieu méconnu mais ô combien difficile. Ajouté au stress , à la pression et à la peur de se voir voler ses rêves. Le tout attisé par une passion destructrice... Tel est le cheminement que nous propose le réalisateur .

Une métamorphose perturbante que nous vivons de l'intérieur, confus entre la réalité et les hallucinations. Nous voilà perdus dans le personnage de Nina dont la libération est l'explication.

    Black Swan est sans hésitation le coup de cœur de ce début d'année 2011. Un film accompli qu'il faut qualifier de « chef d'œuvre » tant par la profondeur, la subtilité et la justesse de son scénario, que par le jeu des acteurs surentrainés et avant tout talentueux. 
 
   Une mise en scène judicieuse dont la caméra à l'épaule nous plonge au cœur du ballet. Des transitions et effets spéciaux troublants, jouissifs sur une bande originale revisitée et adaptée la transformation de notre Cygne en.. Black Swan...

    Á ne manquer sous aucun prétexte ! Et de préférence en version originale (VO), indispensable pour vivre au plus près ce Lac des Cygnes... 2011.


Vincent Cassel - Natalie Portman

 Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production) 

Vincent Cassel - Natalie Portman


Natalie Portman



















Pour aller plus loin... 

   Darren Aronofsky réalise enfin son projet vieux de dix ans, à l'origine prévu dans le milieu du théâtre new-yorkais, ayant alors pour titre The Understudy (La doublure) et dont le rôle principale s'appelait Alexandria et non Nina. Le scénario est inspiré du livre d'Andres Heinz : « Black Swan » racontant la rivalité qui oppose une actrice et sa doublure dans l'univers de Broadway. 
 
   Le réalisateur a finalement préféré le monde de la danse classique, qu'il connait bien, puisqu'il a grandi avec une soeur danseuse. Il y pose sa patte en saisissant les instants et les performances de ses acteurs avec une caméra à l'épaule qui nous plonge au coeur de l'action et des performances artistiques. Effet et intensité garantis !! 
 
   De plus, il a savamment su mélanger les genres cinématographiques : à la fois thriller psychologique, comédie musicale sur la danse sur des tons fantastiques... et avant tout un conte de fée ! Á l'image du loup-garou,Nina (Natalie Portman) se transforme progressivement en Cygne. Chaire de poule apparente, apparition de plumes jusqu'aux yeux de volatiles et enfin, la perte d'humanité. Le Black Swan est né !

    Comme dans The Wrestler (2009 ) dans lequel Mickey Rourke incarne un catcher, le corps est mis au centre de l'histoire en y exposant ses souffrances et la maltraitance qu'il doit subir pour survivre dans ce milieu aussi difficile moralement que physiquement. Ainsi Darren Aronofsky ne montre la torture progressive que Nina s'inflige pour réaliser ses rêves jusqu'à se détruire. Hallucinations ? Réalité ? La frontière est mince et nous rappelle à quel point la danse classique est un art difficile.

    Les deux actrices principales, Natalie Portman et Mila Kunis l'ont bien compris et avouent la douloureuse mais enrichissante expérience que leur a procuré le tournage et surtout la préparation du film.

Nathalie Portman

 Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production) 



    Natalie Portman avait déjà pratiqué la danse classique à l'âge de 13 ans mais abandonna afin de se consacrer à sa carrière cinématographique. Elle rêvait d'interpréter une ballerine... souhait exaucé en incarnant Nina personnage en perpétuelle quête de perfection. État difficile à conserver une fois atteint, la faisant ainsi basculer dans une atmosphère et attitude sinistre quand le Cygne blanc recherche en lui le Black Swan. Nina se perd en elle même au point de ne plus savoir qui elle est, et qui sont réellement les autres. Les frontières se brisent, se confondent et se mélangent... . 
 
Pour l'anecdote, Jennifer Connelly et Rachel Weisz furent évoquées pour le rôle de Nina.

    Natalie Portman a donné de sa personne pour réussir a interpréter son rôle aussi physique que difficile dans son jeu. Pendant un an elle s'est entrainée cinq heures par jour sous la houlette de grands professionnels tels Mary Helen Bowers, ancienne danseuse du ballet de New York, et Benjamin Millepied lui aussi danseur étoile du New York City Ballet, qui interprète le personnage de David dans le film.

Ils ont réussi en une année à faire de Natalie Portman une ballerine convaincante, talentueuse et disons le époustouflante. Il est pourtant difficile de travailler la danse classique avec une personne âgée de 28 ans. Ce sport rigoureux demande des souffrances et des tortures physiques, morales. Le simple port des chaussons de danses rappelle aux acteurs de mauvais souvenirs.. .

Pour atteindre cette prouesse les deux chorégraphes se sont adaptés sur les acquis que la danseuse a conservé de son expérience passé. De plus , ils ont combinés d'autres sports comme la natation et la course à pied pour apaiser et équilibrer les traumatismes corporels infligés.

Pour l'anecdote, Benjamin Millepied est en couple depuis deux ans avec Natalie Portman rencontrée sur le tournage de Black Swan. Aujourd'hui, ils attendent un enfant dont l'accouchement est prévu pour le mois de Mai 2011.

Mila Kunis (Le Livre D'Eli (Albert Hughes – Allen Hughes – 2010) , recruté par Skype, interprète Lily personnage secondaire, clé de l'histoire en incarnant tout ce dont rêve Nina. Une position qui provoque chez cette dernière autant d'attraction que de répulsion.

Une rivalité alors élément déclencheur de la folie passionnelle de Nina, à l'origne de la naissance au Black Swan.
L'actrice confie avoir beaucoup souffert physiquement lors du tournage mais n'ose se plaindre sachant que des personnes endurent ces souffrances au quotidien.

Pour l'anecdote, Blake Lively (Gossip Girl) souhaitait tenir le rôle de Lily. Mais son audition n'a pas persuadé le réalisateur.

    Vincent Cassel qui interprète Thomas Leroy, chorégraphe français et directeur, a observé et s'est inspiré de nombreux chorégraphes de renoms, tels Mikhail Baryshnikov, George Balanchine et évidement Benjamin Millepied. 
 
Pour danser, il s'est appuyé sur ses bases acquises quand il était à l'école du cirque. Il avoue avoir toujours été fan de Natalie Portman et l'idée de travailler avec elle ainsi que Mila Kunis et Winona Ryder l'a immédiatement séduit. 
 
Son personnage est troublant, loin d'être obsédé sexuel il est avant tout un homme amoureux de l'art en quête perpétuelle (lui aussi) de la perfection, le poussant vers des méthodes dures et souvent aux frontières du tolérable.
 
    L'ambiance angoissante du film est accentuée par le personnage de Erica (Barbara Hershey), ballerine déchue qui a choisi de garder sa fille, Nina au détriment de sa carrière. Son traumatisme ressort dans l'éducation de sa fille qu'elle étouffe et ignore les signes de détresse. Elle fait un transfert de sa vie perdue et souhaite plus que tout la réussite de sa fille. 
 
L'instabilité de Nina est attisée par la jalousie de sa mère qui pourtant l'aime et désire son envole tout en refusant de la voir quitter le nid. Côté obscur et ambiance pesante règne au sein de cette famille de danseuses... .

Pour l'anecdote, Meryl Streep fut pressentie pour interpréter Erica.

    Winona Ryder qui tient le rôle de Beth, ancienne star des ballets, incarne les conséquences noires que peut engendrer la quête obsessionnelle de la perfection. Quand toute une vie est fondée sur cette recherche et qu'une fois atteinte elle s'écroule, il devient alors difficile de l'accepter... de vivre avec.

    Le personnage le plus subtile du film est le miroir à qui Darren Aronofsky dédie une place de choix. 
 
Il est omniprésent dans le quotidien des danseurs qui passent leur temps à se regarder et se corriger, toujours dans cette quête de la perfection. Leur reflet devient alors une obsession et une identité à part entière. Dans Black Swan il joue aussi le vecteur par lequel nous comprenons et observons l'évolution psychologique de Nina.

Les cinéastes adorent jouer avec les miroirs mais ici plus qu'un artifice il tient un rôle, son rôle. 
 
Des effets spéciaux discrets viennent sublimer le film, agrémentés de transitions savantes et troublantes.

Vincent Cassel - Natalie Portman - Gary Oldman
 Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production)  


    Le tournage eut lieu au Lincoln Center, lieu de représentation du New York City Ballet. 
 
Au départ, l'action du film devait se dérouler en France et le tournage à Budapest en Hongrie. Faute de moyens et de structures l'équipe s'est tournée vers New York.

    Les chorégraphies du célèbre ballet du Lac des Cygnes de Tchaikovski ont au maximum été respecté. En revanche la musique originale a été combiné à des tonalités plus graves, plus sombres et plus modernes par le compositeur Clint Mansell. Ces modifications donnent alors la sensation que la mélodie suit l'évolution psychologique de Nina et la possède, la hante ! L'effet engendré nous hypnotise et donne un côté magistral au film.

     Les costumes eux aussi reflètent la « descente au enfer » de Nina. Pour cela, la chef costumière Amy Westcott s'est attachée à l'idée d'opposer les couleurs et les faire évoluer en même temps que le personnage. Ainsi au début la jeune femme porte des couleurs de petite fille dans lesquelles sa mère la (et se) conforte : rose, blanc et gris. Ces couleurs se dégradent et disparaissent pour laisser place au noir. 
 
L'apparition et l'installation du sombre fait instinctivement comprendre au spectateur que Nina a définitivement changé au plus profond d'elle même.

    Les décors de Thérèse DePrez respectent eux aussi le célèbre ballet. Cependant la décoratrice a souhaité leurs ajouter une touche personnelle et moderne afin d'accentuer l'effet thriller psychologique du film provocant ainsi un effet de mal à l'aise. Parfois féerique parfois démoniaque.... .

Musiques, costumes et décors s'imbriquent et donnent une version revisitée du Lac des Cygnes dont le final laisse le spectateur sans voix et plongé dans un profond respect pour l'œuvre à laquelle il vient d'assister. 
 
    Une fin en fondu blanc intelligemment choisie et sublimée par l'éclairage simultané de la salle. Nous voilà conquis... 
 
    Natalie Portman a été récompensé du Golden Globe 2011 de la meilleure actrice. 
 
Souhaitons à notre Black Swan de trouver le même succès lors de la prochaine cérémonie des Oscars.. Une statuette qui serait alors... amplement méritée... .

Natalie Portman
 Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production)  

Vincent Cassel - Natalie Portman - Gary Oldman


Natalie Portman

Venise 2010 -Copyright Hassani Lauriane (Kamara Production) 
xXx

lundi 7 février 2011

Le discours d'un roi

 Le discours d'un roi



NOTE : 4/5

Sortie : 2 février 2011
Genre : Biopic – Drame historique
De : Tom Hooper
Durée : 1h58 min 
 
Acteurs principaux :

Colin Firth : George (Bertie) VI
Helena Bonham Carter : Reine Elizabeth
Geoffrey Rush : Lionel Logue
Derek Jacobi : L'Archevêque Cosmo Langi
Timothy Spall : Winston Churchill
Michael Gambon : Le Roi George V
Jennifer Ehle : Myrtle Logue
Guy Pearce : Edward VIII –
Eve Best : Wallis Simpson
Anthony Andrews : Stanley Baldwin



Synopsis 

   D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI, suite à l’abdication de son frère Edouard VIII. D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. 
   Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie. 

En 2 mots 

   Histoire vraie, touchante, surprenante et peu connue du père de la Reine Élisabeth II : le Roi Georges VI atteint d'un handicap des plus considérable pour son rang : le bégaiement. Problème d'autant plus important dans une époque qui voit naitre la radio. 
 
   Remarquablement réalisé et interprété, Le Discours d'un Roi nous plonge en plein cœur de cette partie de l'Histoire où la vie de millions de personnes est sur le point de changer suite à l'annonce de la deuxième Guerre Mondiale. 
 
    Un esthétisme et une photographie impeccable, une bande originale des plus harmonieuse sans oublier un trio d'acteurs époustouflant (Colin Firth, Helena Bonham Carter et Geoffrey Rush). Le tout mis en scène de manière originale avec un scénario documenté, Le Discours d'un Roi est un film extraordinaire, pour une histoire (ou Histoire) et une amitié extraordinaires entre Georges VI (dit Bertie) et Lionel Logue.

    Le courage, l'amour, les peurs, les craintes et les souvenirs... d'une famille royale d'Angleterre nous sont révélés montrant ainsi son humanité avant sa noblesse.

    Un film qui laisse sans voix...



 Georges VI


  
           
Lionel Logue



Pour aller plus loin...

    Tom Hoopper nous propose une histoire touchante mais peu connue du grand public. 
 
L'idée lui est venue de sa mère qui en 2007 assista à la lecture d'un pièce de théâtre intitulée : Le Discours d'un Roi. Immédiatement séduite par celle-ci elle téléphona à son fils pour lui soumettre l'idée du scénario. 
 
Tom Hooper s'associa alors au scénariste David Seidler (Kung fu killer -2008,Le Roi et moi -1999, Excalibur, l'épée magique 1998 et Tucker en 1988) qui a lui même connu des problèmes de bégaiements au cours de son enfance et l'aventure fut lancée.

Pour l'anecdote, Le Discours d'un Roi serai adapté sur les planches courant printemps 2011 avec toujours David Seidler à l'écriture et Adrian Noble à la direction.

    Réalisateur et comédiens durent se documenter pour coller au plus près à la réalité. Par chance, le journal intime de Lionel Logue (Geoffrey Rush) thérapeute et ami de Georges VI a été retrouvé peu de temps avant le tournage. Ainsi le scénario et donc le film ont pu être enrichi et amélioré en particuliers les traits de personnalité de Monsieur Logue. 
 
    Le casting est un atout majeur du film. Le trio Colin Firth, Helena Bonham Carter et Geoffrey Rush nous transporte pendant presque deux heures et nous fait vivre leurs émotions passant ainsi par tous les stades de leurs relations et humeurs. 
 
    Colin Firth interprète pour la troisième fois le rôle d'un bègue, après le film Un mois à la campagne ( Pat O'Connor – 1988) et la pièce de théâtre Three Days of Rain (Richard Greenberg – 1999). Son jeu est juste et profond, nous souffrons avec lui au point de ne plus pouvoir formuler nos propres mots ou tout simplement de les chuchoter comme pour aider son personnage à les prononcer.

L'acteur confit avoir voulu faire ressortir l'angoisse que procure cet handicap que le bégaiement lui même, donnant ainsi une dimension héroïque à son personnage dont l'apogée est son discours annonçant l'entrée en guerre de l'Angleterre. Effet garanti !! 
 
De plus le doublage est réussi mais nous en devinons la difficulté. 
 
    Helena Bonham Carter est renversante dans son rôle de la Reine Elizabeth, épouse de Georges VI. Un personnage d'autant plus important puisqu'il fut la force de vaincre du roi.
Femme aimante et mère attentionnée, elle est une professionnelle de la relation publique et détient l'aplomb nécessaire pour deux. 
 
Le film permit d'ailleurs à l'actrice de découvrir une famille Royale dont elle ignorait la majorité de l'Histoire.

    Geoffrey Rush en Lionel Logue impose son charisme, sa sagesse et son humour “SO Bristish” apportant ainsi cette touche de fantaisie au couple royale. Sa sincérité et ses méthodes feront de lui l'un des meilleures amis du Roi Georges VI.

    Timothy Spall interprète avec talent et pour la deuxième fois le rôle du célèbre ministre Winston Churchill après Jackboots On Whitehall (Edward McHenry, Rory McHenry). Il retrouve aussi Helena Bonham Carter avec qui il a partagé de nombreuses fois l'affiche (Harry Potter, Sweeney Todd...).

    Tom Hooper aime à mettre en scène l'histoire de son pays et n'en est pas à son coup d'essai. Le Discours d'un Roi est une vraie réussite et nous rappel qu'on a tous au fond de nous une faiblesse ou un blocage qui nous empêche d'avancer comme nous le souhaitons. 
 
Nommé sept fois aux Golden Globes 2011, le film a séduit les personnes atteintes de cet handicap que Georges VI surmonta. 
 
    La Guerre eut raison de sa santé qui le fatigua. Il développa un cancer du poumon et en 1952 une thrombose l'emporta à l'âge de 56 ans faisant ainsi de sa fille la princesse Elizabeth : La Reine Elisabeth II, qui dit-on, a adoré le film... .

Le Roi Georges VI et son épouse la Reine Elizabeth

xXx